Saturday, May 28, 2011

Quelques mots sur la pluie.....

Salut tout moun

Je suis de retour à Port-au-Prince depuis lundi dernier.  Je me suis tenu bien occupé depuis...  premièrement, vous constaterez l'absence de photos dans cette entrée de blogue... j'ai essayé à plusieurs reprises d'en inclure mais impossible de le faire.  Internet est trop capricieux pour le moment.

Nous sommes à équiper le bureau en meubles et en matériel informatique.  Tâches assez simple direz-vous...

Détrompez-vous.  Outre les procédures d'achats propres au programme, il faut quand même se rendre sur les lieux de fournisseurs et procéder aux achats.  Tout se trouve ici, ou presque... et à un coût souvent plutôt élevé. Sans compter qu'il ne faut pas s'imaginer que vous pouvez entrer au magasin et ressortir avec tout ce que vous désirez comme ca en quelques minutes!

Pour vous décrire une journée de "magasinage" ici. Nous étions en réunion jusqu'à 10h00 et ensuite, nous quittons pour aller chercher des meubles pour le bureau.  Ce n'est pas loin, je dirais peut-être 10 km... donc entre 45 minutes et 1 heure pour se rendre. (nous ne sommes pas à l'heure de pointe alors ca roule un peu plus vite).  Dans le magasin (le seul fournisseur de la région), je suis surpris de voir tout le choix qu'ils ont!!  On peut trouver des meubles de grande qualité (le coût va avec bien sur..).  Toutefois, notre critère pour le choix des meubles n'est pas le luxe mais plutot la fonctionalité (dans un budget raisonnable).   Nous trouvons ce que nous cherchons et demandons une soumission et de faire réserver les meubles en question.  Nous enverrons un chèque pour payer le fournisseur et ces meubles seront livrés par la suite.  Ca a l'air simple... 2 heures au magasin pour préparer l'achat de 7 bureaux et de quelques chaises.

En ce qui concerne les fournitures d'équipement informatique, c'est le même processus.  L'après-midi y passe.

Mais cette semaine, je tenais à vous écrire quelques lignes sur la pluie.... pourquoi la pluie? Parce que, malgré les grandes pluies que nous pouvons trouver chez nous... ce n'est pas comparable à ce qu'on vit ici.

L'idée m'est venue hier, lorsque quelques amis m'ont écrit: "quel chanceux, tu es au soleil et à la chaleur, chez nous il pleut".   Hé bien, vous avez raison, il fait chaud, environ 34-35 degrés celsius (ce qui se traduit avec température ressentie: 42-45 degrés, en raison de l'humidité.)

Mais la saison des pluies commence... alors le soir, nous avons des pluies torrentielles.  Lorsque je dis torrentielles, on comprends qu'en 5 secondes, vous êtes totalement détrempés.  Pour moi, la pluie n'est rien de bien grave. Je peux me promener en voiture et j'ai une résidence qui me protège des intempéries.

À défaut de pouvoir vous illustrer par une photo la réalité de Port-au-Prince lorsqu'il pleut, je vous décrirai un peu la situation. La ville de Port-au-Prince est située à flanc de montagne et n'a pas vraiment de système d'écoulement des eaux, sauf quelques grands canaux principaux qui traversent la ville et où bien des gens jettent leurs déchets (inutile de vous dire que ces déchets sont emportés par les eaux de pluies et menés directement à la mer... en transitant par la basse ville bien sur). Alors ces eaux qui ne s'écoulent pas dans ces canaux le fond par la rue.

Hé oui, les rues sont donc transformées en rivières, et je peux vous dire que je n'exagère pas.  Hier soir, nous sommes sortis et la rue Delmas (une rue principale qui traverse Port-au-Prince) était vraiment une rivière.  On pouvait y voir l'eau s'écoulant à grand débit (sur le bord de la rue, l'eau a environ 6 à 8 pouces de profondeur et coule à grand flots.) et les autos et camions y circulent tant bien que mal. 

Ce qui est triste est de voir les gens qui marchent dans la rue (je devrais dire dans la rivière) et qui n'ont aucune protection contre cette pluie.  Il s'abritent sous des toiles, sous des parapluies de fortunes.  Certains ont des cirés mais la plupart sont tout simplement... mouillés, pour ne pas dire détrempés.   Je ne peux alors m'empêcher de penser aux gens qui vivent dans des tentes.  Ils sont littéralements inondés !!!

Et cette situation se reproduit presque tous les soirs.  L'eau, qui est une denrée rare, devient alors une menace pour certains qui ne peuvent s'en protéger.  Et cette situation sera présente pour les prochains mois, sans compter que les ouragans et tempêtes tropicales apporteront leur lot de pluie et de vent!!  Je vous écrirai certainement après un ouragan pour vous expliquer comment je l'ai vécut.

J'aurais aimé vous montrer quelques photos du centre-ville après une ondée, où on voyait des rues couvertes de plus d'un pied d'eau, malheureusement, rien à faire...

Ce sera pour une prochaine fois!

Babay tout moun

Richard



Sunday, May 15, 2011

Un petit dimanche à la maison.... et un petit spécial Martelly

Salut tout moun

Aujourd'hui, pas grand chose à dire, je suis resté à la maison pour travailler.

Toutefois, je me dois de vous souligner que mon environnement de travail est quand même agréable!  De même, pour les gens qui viennent travailler avec moi, lorsque nous avons des journées de belle température comme celle d'aujourd'hui, il n'est pas trop désagréable de rester à la maison pour travailler un peu, même si nous sommes un jour de fin de semaine.



Hé oui, pour ceux qui pensent que nous vivons et travaillons tous dans un environnement insalubre, ce n'est pas le cas.  Notre environnement de vie et de travail tout en n'étant pas digne d'un palais présidentiel, est tout de même d'un luxe relatif lorsque comparé aux gens qui vivent dans la rue!
Cette semaine, nous avons participé à une foule de rencontres auprès de plusieurs organismes avec lesquels nous feront affaires en Haiti.

Les rues de Port-au-Prince et de Pétionville ont fait l'objet d'une opération majeure de nettoyage en raison de la cérémonie d'assermentation du président Martelly "Tèt Kale".  En passant, pour répondre à la question que certains m'ont posée... "tèt kale" veut dire tout simplement "chauve"...

Certaines rues étaient colorées de Blanc et Rose...  qui sont les couleurs fétiches de Martelly.  D'ailleurs, vous pouvez voir ici un arbre peint en blanc et rose.


Sur les rues principales, des artistes ont peint des images de Martelly:



Encore une autre:



De plus, le Club Tès Kale a vu le jour très très récemment:




Les artistes y ont peint Tèt Kale, mais aussi Sarko et Obama:


Alors comme voyez, la région et probablement tout le pays s'est mis en mode "Martelly"...

En attendant, de mon côté, je retourne au pays demain pour une semaine.

Babay tout moun

Richard

Saturday, May 7, 2011

Quelques mots sur l'artisanat

Salut tout moun

Aujourd'hui, je prends quelques minutes pour vous parler des artisans en Haïti ... Je ne vous propose pas des photos de Port-au-Prince ou des rues, ou des marchés, etc... en tant que tel.  Aujourd'hui, j'ai ce désir d'un peu partager avec vous l'art et l'artisanat haitien... en partie.  Je dis en partie puisque, comme vous le verrez, il faudra beaucoup plus qu'une simple entrée de blogue pour vous faire découvrir la diversité de l'art haitien.  Alors je commence par le général et, éventuellement, nous verrons le spécifique, par exemple, les statues de bois, le fer taillé... sans compter les toiles....

En fait, l'art et l'artisanat se voient partout à Port-au-Prince, à Pétion-ville... en fait, presque partout.  Ainsi, on retrouve une multitude de vendeurs de toiles qui exposent des oeuvres sur la rue:


On retrouve aussi des marchands de fer taillé et de divers objets sur la rue. ... ces artisans sont partout.


 
Ainsi, lorsque vous vous promenez sur la Panaméricaine, vous pouvez voir non seulement des vendeurs de lanternes, mais aussi des animaux en fer taillé, ou même, faits de matières diverses... voyez les lions à droite!!! et vous comprendrez que l'on peut vraiment voir toute sortes de choses.  Il faut aussi noter que parfois, même le mobilier que l'on vend sur la rue tient plus de l'art que du simple désir de meubler.  Ainsi, on pourra acheter des petits ensembles de patio avec table et chaises peints à la main.


Je dois admettre qu'à chacune de mes visites à Haïti je suis fasciné par la diversité de l'artisanat qu'on y retrouve de même que par le talent des gens qui créent ces oeuvres.

Je ne peux vous illustrer tous les types d'objets que je retrouve en vente sur la rue, mais durant mon séjour, je vous en montrerai quelquefois des nouveaux.  Ce qui est aussi étonnant, c'est de voir à l'oeuvre ces artistes qui vont, par exemple, se procurer un tronc d'arbre et le transformer en une sculpture de bois magnifique.

Évidemment, il n'y a pas que sur la rue qu'on peut se procurer de belles oeuvres. On retrouve plusieurs boutiques d'artisanat ou gallerie d'art haitien.  Il faut noter que les oeuvres des peintre haitiens ne sont pas à la porté de tous.  Alors que vous pourrez vous procurer une toile sur la rue pour quelques dizaines de dollars (après négociation... bien sur), certaines galleries vous proposeront des oeuvres de maîtres haitiens qui se vendent plusieurs milliers de dollars.

Je suis allé dans quelques boutiques d'artisinat, telle que Galata (dont vous retrouverez une desciption dans un de mes blogues précédents) et à une autre boutique fort intéressante qui se nomme Kay Atizan.  Cette dernìère est une boutique où non seulement on peut trouver du bel artisanat, mais aussi un restaurant où se produisent des bands le vendredi et le samedi soir.


 Chez Kay Atizan, on retrouve de tout, ca va des toiles, en passant par le fer, les napperons tissés à la main ou en bois peint à la main.  Vous pouvez retrouver des vêtements et toutes sortes d'objets


 Vous voyez ici un oiseau dont la photo a été prise chez Kay Atizan mais vous pourrez en retrouver à plusieurs endroits, j'en au vu dans plusieurs restaurants et dans la cour de quelques partenaires avec lesquels nous faisons affaires.  Ils sont très populaires.

Pour le moment, je ne fais que vous montrer quelques photos prises d'oeuvres réalisées par des artisans, mais je compte parfois visiter des artisans dans leur atelier.  Je partagerai avec vous les images de ce que j'ai vu afin de vous faire voir comment ces magiciens travaillent.

D'ailleurs, je dois admettre que parfois je ne peux résister à ce que je vois et, comme je serai ici durant quelques temps, je me permets de décorer mon appartement avec des oeuvres locales que je rapporterai chez moi à la fin de mon mandat...



Dans une gallerie d'art, j'ai eu le coup de foudre pour cette oeuvre un peu bizarre... mais bon... je suis comme ça.  En passant, elle vient de la Gallerie Marassa à Pétion ville et son auteur se nomme tout simplement Sébastien.

D'ailleurs, comme j'aime bien partager avec vous quelques oeuvres de mon graffiteur haïtien préféré, Jerry, je me permets de vous exposer une oeuvre qu'il a préparé sur le mur de Kay Atizan.  On m'a dit que ce graffiti a été réalisé suite à une demande expresse des propriétaires du commerce, contrairement aux autres.


 Vous pourrez aussi remarquer que cette oeuvre, réalisée en deux plans, est beaucoup plus positive que plusieurs des autres oeuvres de Jerry qui ont tendance à être très engagées et, parfois, assez dures..

Bon, bien, je vous quitte sur ces belles images.

Babay

Richard

Monday, May 2, 2011

Quelques nouvelles....

Salut tout moun
Je suis sur ma terrasse,  protégé de la pluie, heureusement, et je prends quelques minutes pour vous écrire.  Il fait environ 25-27 degrés celsius, et la température est, évidemment, bien humide.  Ce soir, la pluie tombe, mais il n’y a pas de vent… je peux vous dire que ce n’est pas toujours le cas !
En effet, nous sommes présentement en début de saison des pluies par conséquent, chaque soir, nous sommes gratifiés d’un orage qui peut durer quelques heures, ou toute la soirée, selon le cas. 
 La semaine dernière a été bien remplie puisque mardi, un de mes collègues retournait à Montréal et je devais en accueillir deux autres… ce qui impose une logistique plus serrée puisque nous n’utilisons qu’un seul chauffeur.
Jeudi, nous avons vécu un émoi alors que ma collègue est tombée malade et que nous avons dû la conduire à la clinique d’urgence.  Je lève mon chapeau aux employés du CCHC avec lesquels nous faisons affaires qui ont agi avec grand professionnalisme et diligence.
À la clinique nous avons eu un service dont vous seriez tous jaloux...  si nos cliniques étaient toutes comme ça, nous serions fort bien!

Au cas où certains d'entre vous penseraient que la clinique privée ici est une scène d'horreur et d'insalubrité, j'ai pris une photo d'une chambre pour vous illustrer:



Bien sur que c'est une chambre d'hôpital, mais au cas où vous douteriez de la salubrité des lieux, ou du professionnalisme des gens... soyez immédiatement rassurés.  D'ailleurs, vous comprenez que c'est une clinique privée qui n'est pas à la portée de l'ensemble de la population.

Bref, nous avons passé la journée à la clinique et vers 20h00, ma collègue a reçu son congé.  Aujourd’hui, cette même collègue va très bien… elle est de retour à Montréal.

D’ailleurs, au retour de l’aéroport j’ai vu quelque chose que je ne n’avais jamais vu avant, quelqu’un qui faisait de la soudure électrique, les deux pieds près d’une flaque d’eau…  en fait, le grillage de métal sur lequel il se trouvait et effectuait la soudure était déposé sur une surface mouillée et le soudeur était sur le grillage de métal… étonnant.  Inutile de dire que je lui souhaite de ne pas avoir fait de faux mouvements…
Samedi dernier, nous avons fait un tour de ville de Port-au-Prince pour illustrer aux collègues nouvellement arrivés, le visage de la ville de Port-au-Prince...
Nous avons commencé par le centre ville, en passant par le Marche Hyppolite (aussi connu sous le nom: Marché de fer ou Marché en fer)

Nous avons aussi vu les marchandes de rues:



Comme vous pouvez le constater, la dernière photo est un peu floue, comme si un filtre était devant l'objectif... c'est le cas.  Les vitres du véhicule étaient noires de sorte que les gens de l'extérieur ne voient pas dans le véhicule.

Nous nous sommes rendus enfin à la cathédrale (détruite lors du séisme et sommes sortis pour prendre quelques photos):


Et, bien sur, les gens se sont approchés de nous. L'un d'eux nous a demandé de prendre une photo de son bébé...



Cette photo m'a coûté 50 gourdes...

Par la suite, nous avons dégusté un repas à l'hôtel Oloffson:



Samedi soir, nous avons soupé au restaurant de l'Hôtel et, quelle surprise, ce soir-là, on organisait un défilé de mode, alors nous avons passé la soirée là.  Je vous propose quelques photos.

Pour les fins du blogue, j'ai choisi des photos de modèles hommes et femmes. Le spectacle était bien monté, toutefois, il a fini un peu tard car il a commencé en retard... pour une bonne raison.. la pluie diluvienne qui tombait.


Le défile de mode nous a présenté des designer de vêtements, de bijoux, de sacs à main et même de maquillage!






Bref, nous avons passé une belle soirée...

Dimanche, nous avons évidemment eu une séance de travail mais nous avons quand même quelques heures de repos au soleil...  disons, au soleil "ennuagé" mais ça a fait du bien.

Aujourd'hui, un lundi de travail, avec les rencontres d'usage...

Babay tout moun

à bientot

Richard

en passant, aujourd'hui 2 mai.. je n'oublie pas.... BONNE FÊTE.. ;-)  xoxoxoxo

Saturday, April 30, 2011

Le weekend de Pâques

Salut tout moun

Nous sommes au weekend suivant celui de Pâques... je voulais vous écrire la semaine dernière... mais en raison de problème internet, mon message n'a pas été publié... comme je le réalise à l'instant, je vous publie ce message... rédigé la semaine dernière...

N'allez pas croire que pour nous, le weekend de Pâques se résume à des festivités ... en fait, c'est un weekend plutôt tranquille.

Vendredi saint, comme c'est jour férié, nous sommes demeurés à la maison... de toute façon, nous n'avions pas de véhicule pour nous transporter.  Nous avons donc travaillé un peu, puisqu'il y a toujours de la documentation à produire.

Nous aurions bien aimé aller assister à des raras des processions dans les rues où on chante et on danse.  Les raras sont d'origine vaudoue et un jour, je vous ferai une petite capsule sur ceux-ci.    Mais comme nous n'avions pas de véhicule, nous ne pouvions nous y rendre.  Nous devions donc rester transquillement assis à la maison.

Mais, nous avons été informés que le vendredi Saint, il y a une coutume (je n'en connais pas l'origine) qui veut que les jeunes font voler des cerfs-volants à 15h00 (ça, au moins, je sais pourquoi... je vous laisse deviner.).  Depuis quelques semaines, des vendeurs de cerfs-volants se trouvent partout dans la ville.




Voici un cerf-volant qui vous démontre la popularité de Tèt kale:




Nous avons donc, vers 14h45, entrepris une petite marche jusqu'à la rue pour voir les fameux cerfs volants... mais nous n'en avons vus que quelques uns.  Bref, nous n'habitons pas au bon endroit pour cela... ce sera pour la prochaine fois.

Mais comme il y a un vendeur de métal travaillé sur le bord de la rue, nous en avons profité pour aller voir sa marchandise... et je n'ai pu résister à une petite pièce.  Ceux qui me connaissent comprendrons pourquoi:



Le vendredi soir, nous avons soupé au restaurant de l'hôtel. Nous étions les seuls clients.

Le samedi, nous avions un chauffeur, donc nous avons pu allier travail et loisir.  Le matin, nous avons visité des quincailleries pour obtenir des prix sur des matériaux et ainsi continuer à nous préparer pour la suite de nos projets.  Et l'après-midi, nous nous sommes rendus à un restaurant: le Lodge.  Celui-ci est situé en montagne dans une communauté appelée Furcy... à plus d'une 1h30 de voiture sur un chemin (je n'ose pas dire rue) de montagne.  (1300m d'altitude)


Vous avez plus haut une photo de la vue de laquelle nous jouissions lors de notre périple.  Nous avons aussi traversé quelques communautés et, je dois vous dire que nous étions très haut en montagne.  La route était tellement mauvaise que pour prendre des photos, il fallait arrêter le véhicule.

Parlant de photos, je remercie mes collègues qui ont beaucoup plus de talent que moi pour la prise de photos et qui ont accepté de partager avec moi leurs oeuvres pour que je vous en fasse bénéficier.

Àprès cette route en montagne (et j'avoue qu'un appareil photo ne saurait rendre justice à la splendeur des paysages que nous voyions), nous arrivons au "Lodge":



Hé oui, il s'agit d'un hôtel restaurant où vous êtes accueillis par un édifice de bois, avec un panache pour vous au dessus de la porte (Ma cabane au Canada... en Haïti).  En fait, c'est un endroit très chic où les gens plus fortunés et les "expats" (les gens comme nous) viennent relaxer en dégustant un bon repas.



Après le lunch... retour à la maison.  Cette petite pose a fait du bien. D'ailleurs, je dois vous dire que le steak était tout simplement délicieux.

À notre retour, nous observons la vie rurale (à quelques Km de Port-au-Prince).  Les gens d'ici travaillent très très fort. La culture se fait à flan de montagne.  Un jour, je vous ferai une capsule sur la culture en Haïti...


 De retour à la maison, via l'épicerie, car le jour de Pâques, nous n'aurons pas de transport devrons rester à chez nous ("lakay nou").   Comme vous le voyez, nous sommes plutôt tranquilles pour le weekend de Pâques mais nous avons eu la chance d'au moins sortir une journée.

Ici, le lundi de Pâques n'est pas férié.  Nous avons des rencontres de travail de prévues dès lundi... et toute la semaine.

Babay tout moun

Richard

Friday, April 22, 2011

De retour à Port-au-Prince

Salut tout moun,

Hé oui, c'est vrai, c'est arrivé, je suis de retour à Port-au-Prince et cette fois-ci pour quelques années.  Évidemment, je reviendrai à la maison périodiquement... tout de même!!!

Je suis arrivé à Port-au-Prince il y a quelques jours mais malheureusement, le système internet ne fonctionnant pas, il m'était plutôt difficile de vous écrire.  Comme vous le voyez... ca fontionne maintenant... pour le moment alors j'en profites.

Le jour de mon départ du Canada, il faisait encore plutôt froid mais je dois vous dire qu'ici la température est assez clémente,  on parle d'environ 28 degrés celsius... mais pas mal plus chaud au soleil.  Comment se rendre en Haïti sans dire un mot sur la température!  Les soirs, nous avons des pluies mais le jour, en général, le ciel est dégagé.

Le lendemain de mon arrivée, nous étions déjà à l'oeuvre.  En fait, j'ai rejoins une équipe qui me précédait et qui a fait un travail du tonnerre.  La barre est déjà haute et je ressens une grande fierté à travailler avec des gens qui ont autant de compétences et de coeur au ventre.

Ma première journée s'est donc déroulée en majeure partie dans une petite communauté en montagne, dans un quartier de Port-au-Prince qui est situé à l'extérieur de la ville mais qui en fait néanmoins partie, la Paroisse de St-Jude.  Pour vous donner une petite idée de la situation de la localité, il faut rouler en gravissant une montagne qui est bordée de carrières "sauvages" où les matériaux sont extraits par des ouvriers qui creusent et cassent la pierre... à l'aide d'un marteau. (non, non, pas un marteau-piqueur... un marteau).

Pour se rendre à la communauté, la route n'est évidemment pas pavée et la poussière est omniprésente.  Vous ne pouvez vous rendre à cette communauté à pied sans y arriver couvert de poussière.  En gravissant la route, nous croisons une petite communauté où il y a un point d'eau et quelques petits marchands, nous arriverons à notre destination dans environ 15 minutes.

Nous arrivons donc à destination et sommes reçus au presbytère où le curé (qui est l'initiateur de plusieurs projets pour sa communauté) nous reçoit et suite à quelques discussions, nous nous rendons à la "nouvelle église" pour y tenir une consultation publique sur les besoins de la population pour découvrir dans quelle mesure nous pourrions leur apporter de l'aide.  Évidemment, des idées de projets, il y en a! Mais un projet destiné à aider une population doit se réaliser avec cette même population.

Lors que nous arrivons à la salle, nous sommes attendus.....  les gens, qui discutaient calmement, se taisent d'un seul coup pour écouter le curé qui ouvrira la séance.


Après la prière, le curé nous introduit et les différents partenaires feront des présentations (chapeau aux présentateurs, ils ont fait un travail très professionnel). Malgré un petit problème technique, notre expert a su faire face à la situation avec flegme et professionnalisme.  Sa présentation (en français) était traduite en créole pour la compréhension des citoyens.  Par la suite, les citoyens s'expriment...

Les besoins:

De l'électricité, il n'y en pas ... aucun éclairage de rue, rien pour recharger les cellulaires (seul moyen de communication)...  et sans éclairage, dans la noirceur, on retrouve des problèmes de sécurité.

De l'eau... il n'y en a pas non plus (sauf un peu d'eau de pluie qui est recueillie).  Les enfants descendent donc chercher de l'eau au point d'eau que nous avons croisé en bas, à 15 minutes en véhicule... eux, évidemment, le font à pied.  Des camions passent remplis de pierres... c'est très dangeureux.   Évidemment, les camionneurs vont offrir des "woulib" (un "lift") aux jeunes filles, dois-je vous entretenir sur le paiement demandé? La jeune qui refuse se verra recevoir de la poussière par un véhicule qui repart en trombe, son chauffeur frustré.

L'école primaire est là... mais c'est tout.  Par la suite, il faut descendre à la ville pour pousuivre ses études... encore là, la route est dangeureuse.

Bref, des besoins, il y en a... maintenant, à nous d'étudier le dossier et de déterminer dans quelle mesure nous pourrons aider ces gens qui se sont ouverts à nous.

Une fois la séance finie... les citoyens se lèvent et, se retirent... en prenant soin de ramasser les chaises pour les ranger.

 
Nous avons assisté à une séance vraiment émouvante.  Où une communauté entière s'est présentée à nous, nous a exposé ses souffrances et, tout ça, dans une parfaite dignité.  La salle était disciplinée, les gens parlaient à leur tour, dans le respect des autres.  Des blagues (exprimées en créole) faisaient rire malgré le sérieux du sujet et, à la fin, après la prière de remerciement au Seigneur, la salle s'est vidée dans l'ordre et la discipline.

Évidemment, vous aurez tous compris que nous tenons une consultation publique non pas pour informer les gens mais pour leur permettre d'exprimer leurs besoins.  Notre projet doit obtenir l'adhésion de la communauté.  Un projet adapté aux besoins de ses bénéficiaires et auquel ils ont donné leur adhésion a de meilleures chances de succès et de pérrennité.

En passant, voici une partie des bénéficiaires potentiels de notre action:



Peut-on rester insensible?

Par la suite, nous retournons, nous avons une rencontre de travail... qui sera remise à une autre fois.  C'est très bien car déjà nous devons commencer la préparation de la journée du lendemain.

Tiens... puisque nous sommes revenus à Port-au-Prince, je tiens à vous montrer un graffiti de Jerry... un artiste qui réalise des oeuvres sur les murs de la ville et qui souvent nous propose des images engagées et lourdes de sens:



Tout au long du projet, je vous proposerai des illustration de graffitis qui ornent les murs de Port-au-Prince et vous verrez que Jerry est un artiste de grand talent. N'oublions pas que ces graffitis sont faits la nuit, à la sauvette puisque ce n'est pas permis...

Je vous proposerai aussi des capsules sur divers sujets qui pourront je l'espere vous intéresser et vous apprendre un peu de ce qu'est Port-au-Prince.

Bon... je dois retourner au boulot, la journée commence bientôt.  Aujourd'hui, c'est vendredi saint, alors tout est fermé ici.  Nous demeurerons à la maison car nous n'avons pas de service de transport.  Mais de toute façon, il y a pas mal de boulot à abattre.  Nous en profiterons donc pour avancer un peu les travaux écrits!

Je vous souhaite à tous de belles fêtes de Paques.

Babay tout moun

Richard

Tuesday, March 1, 2011

Le retour au pays...

Salut à tous...

ce soir est ma dernière soirée à Port-au-Prince, hé oui, je retourne chez moi demain... pour quelques semaines.  Comme vous le savez, je serai de retour en Haiti bientot et ce pour une durée totale d'environ 2 ans.... alors je compte vous écrire tout au long de mon mandat ici...

Mais maintenant, je dois retourner au pays...

Toutefois, je continuerai, à mon retour en Haiti à vous entretenir de divers sujets.  Ainsi, non seulement je m'engage à vous informer de mes découvertes mais aussi à m'informer sur la vie en Haiti et à vous transmettre l'information telle que je la reçois.  Il est bien évident qu'au cours des années j'espère avoir la possibilité de vous faire non seulement découvrir un peu de ce beau pays qu'est Haïti mais aussi de vous faire découvrir la culture haitienne... du moins, je tenterai de partager avec vous le peu que j'en connais.

Ainsi, je vous parlerai un jour des artistes de la rue... tels que "Jerry" qui réalise se oeuvres la nuit, loin des regards mais qui sont, à mon humble avis, bien belles et souvent pleines de symboles ...


Évidemment, ceux qui me connaissent savent que j'ai une certaine fascination pour le vaudou et par conséquent, je pourrai certainement vous en parler plus longuement... voici un petite photo que j'ai prise en octobre lors de ma dernière visite à Port-au-Prince.  Elle a été prise dans un péristyle de Léogane.  Ce n'est qu'un avant goût ...


Bon, ok, pourquoi pas une deuxième.... J'avoue avoir choisi deux photos qui ne sont pas les plus joyeuses...


J'entend bien sur vous illustrer plus que ces simples images sur le culte vaudou et, si possible, vous expliquer certaines notions de vaudou telles qu'elles m'ont été expliquées et que je les comprends... Ainsi, un jour je vous expliquerai la relations entre les deux loas qui suivent (Erzulie Freda et Erzulie Dantor) (en créole: Ezili Freda et Ezili Dantò)





Peut-être qu'avec le temps, je pourrai aussi vous entretenir sur l'art Haitien qui est vraiment riche... ainsi, dans une résidence, j'ai pu voir des toiles que j'ai vraiment aimées, comme la suivante:


Évidemment, l'art haitien n'est pas que la peinture... nous pourrons ainsi discuter de musique, de danse, d'artisanat...

Je vous brosserai aussi un petit tableau des restaurants où l'on peut manger ici et de la nourriture créole bien entendu.  D'ailleurs, en parlant de restaurant, je vous écris ces quelques lignes dans un restaurant avec une connection internet sans fil et je suis assailli par une odeur épouvantable de cigarette qui me rappelle que chez nous, nous ne pouvons plus fumer au resto... Ici, les fumeurs peuvent s'en donner à coeur joie, au grand déplaisir des non fumeurs comme moi.  Si vous aimez le parfum des Marlboro ou des Camels pendant que vous mangez il est possible que vous soyez servis ici... 

Ceci me rappelle un événement où quelqu'un m'a dit, "chez moi, je ne me permettrais pas ça, mais ici, je le fais".  Hé oui, on retrouve parfois des gens qui, plutôt que de respecter les règles de conduites qui les guident chez eux font preuve de relâchement ici car tout semble permis... c'est bien dommage.  Toutefois, notons que ce n'est pas la majorité.... heureusement.

Bon, je termine donc ma petite chronique sur une image qui illustre bien la vie à Port-au-Prince, où le petit négoce a repris vie .....




À bientot!!!!


Richard