Thursday, July 28, 2011

Graduation des enfants des écoles communales

Salut tout moun

Depuis quelques semaines, je reconnais que je vous écris moins, mais ces jours-ci nous avons beaucoup de travail, ce qui me laisse peu de temps pour les loisirs. 

Il y a quelques semaines, un dimanche, j'ai été invité à assister à la cérémonie de graduation des écoles communales de niveau préscolaire.  Cet événement, organisé par la Mairie de Port-au-Prince, souligne la fin des classes pour les touts petits est bien apprécié des parents.  On me dit de ne pas me formaliser que c'est un événement et que je peux me vêtir comme bon me semble....  je porte donc pantalon beige et chemise lignée, ma tenue est plus "sport" que "de soirée".  Mais lorsque j'arrive, je constate que tous les enfants sont vêtus avec les petites robes et habits d'école, que les parents sont en robes et en costumes cravates.  Bref, je regrette un peu ma cravate, qui aurait été de circonstance, semble-t-il.  Mais bon, je ne suis que spectateur et je m'assoierai dans la salle "incognito" (peu importe où je m'assoie, je ressors un peu dans la foule.  Je suis le seul blanc.)

Je suis donc arrivé sur le site et j'ai pris le temps de discuter avec les gens jusqu'à ce que la cérémonie débute.  Je croyais que je serais assis dans la foule pour assister à la cérémonie, tout simplement.  Hé bien, je me suis trompé: les organisateurs avaient d'autres plans pour moi.  Ils m'ont demandé de m'asseoir en avant à la première rangée avec les invités d'honneurs, les représentants du gouvernement et les maires.

Bon, OK, c'est une place de choix et j'étais bien content! belle vue sur tout le spectacle.





Tout a commencé par l'hymne national haitien chanté par les enfants et ensuite, la mairesse adjointe a fait le discours d'ouverture de la cérémonie et le maître de cérémonie prendra la relève.  J'aurai l'occasion de discuter durant près d'une heure avec celui-ci qui est un artiste de théâtre et animateur de radio.  Fort sympathique et intéressant.  J'espère avoir l'occasion de le revoir, notamment dans une de ses prestations théatrales.

Par la suite, nous avons eu des spectacles de chants par les enfants et des spectacles de danse!

Ensuite, les enfants ont reçu leur petits "diplômes" et des cadeaux de la mairie:



La remise des cadeaux:




Le Maire de Port-au-Prince a fait un discours de circonstance et m'a joué un tour.  Lors de son discours, il m'a présenté et m'a invité à me rendre sur la scène.  Inutile de vous dire que je n'étais pas préparé à ça!  je me rends donc sur la scène, sur le côté de la scène, un peu en retrait, mais non, il me dit de me placer à ses côtés.  Il me présente, informe les gens de ce que je fais au pays et leur dit que j'aime beaucoup Haïti (ce qui est vrai!) et que je vais leur dire quelques mots... en créole!!! Et il me passe le micro !

Je me retrouve alors devant plus de 200 personnes et je dois parler créole.  Mon intervention fut plutôt courte, remerciements et félicitations aux enfants.... en créole, bien sur.  Je crois que je me suis bien débrouillé.

La cérémonie s'est bien déroulée et a été un succès, les gens étaient ravis, particulièrement les parents qui étaient présents dans la salle.

Après la cérémonie, un goûter était servis pour les personnes présentes.  De mon côté, je me suis rendu avec les officiels dans les bureaux de la mairie situés sur le site de l'ancienne Mairie où nous avons dégusté accras, bananes plaintain et pâtés à la viande.

De retour à la maison en début d'après-midi, ce qui me laissait le reste de la journée pour préparer ma semaine.

À bientot

Richard

Saturday, July 16, 2011

Visite du Maire de Montréal à Port-au-Prince

Salut tout moun,

Je ne peux tenir un blogue sur mes expériences à Port-au-Prince sans mentionner la visite du Maire de Montréal à Port-au-Prince !!  Puisque mon blogue se veut une chronique sur ce que je vis à Port-au-Prince, je ne vous relaterai la visite du maire sur un point de ce que J'AI fait durant cette mission et je ne tiendrai pas d'analyse critique ou politique sur l'événement qui, je crois, fut un succès.  Je n'incluerai pas de photos des politiciens et de photos "officielles".  Si vous désirez de telles photos, je vous suggère de vous adresser aux médias d'informations ou à d'autres sources d'informations car le but de mon blogue n'est que de vous faire découvrir un peu d'Haïti à travers mon expérience personnelle.

En fait, j'intitule mon entrée de blogue "visite du maire de Montréal" mais il s'agissait d'une délégation formée du président de l'Union des municipalités du Québec, de celui de la Fédération canadienne des municipalités, de représentants de France, et d'une organisation Néerlandaise et d'une équipe de support à ces représentants ... bref, il s'agissait d'une mission politique visant le lancement de l'ensemble du projet et non pas uniquement que du volet de Port-au-Prince.

Dimanche, en début d'après-midi, le Maire de Montréal arrive à Port-au-Prince, nous l'accueillons et il est mené au salon VIP où une conférence de presse aura lieu.   Les petits discours d'usage sont prononcés, mais j'en ai manqué l'essentiel car j'ai dû sortir de la salle pour régler un petit problème de logistique.

Par la suite, nous nous sommes rendus à l'hôtel (le Karibe Convention Center) où logeait le maire pour y rejoindre les autres personnes qui feront partie de l'expédition de l'après-midi.  Nous irons visiter quelques camps de réfugiés et un orphelinat.

Nous formons un convoi qui est composé de véhicules de la Police Nationale d'Haiti, de véhicules des Nations-Unies et de véhicules "civils".  En fait, ces précautions sont nécessaires puisque nous circulerons dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, parfois un peu plus instables.  Les véhicules de la Police Nationale nous ouvrent le chemin. Je dois admettre que c'est la première fois que je circule en Haïti et que ca roule si bien!
Nous commençons par nous rendre au Camp du Champs-de-Mars où une séance de photo aura lieu devant ce qui reste du palais présidentiel (évidemment...) et par la suite, nous circulerons en véhicules dans le Champs-de-Mars pour voir le camp.  Nous nous rendons par la suite au Camp Jean-Marie-Vincent.

Cet endroit est relativement "chaud" et une présence policière est assurée en tout temps.  Nous pourrons toutefois y circuler sans problème à pied et faire le tour du camp.  Je vous joins ici une petite photo intéressante qui vous expliquera pourquoi le secteur du camp que nous avons visité se nommait "le camp militaire":



En effet, dans cette partie du camp nous retrouvons les restes de deux hélicoptères et d'un avion militaires.
Le camps de Jean-Marie-Vincent est un camp pauvre et assez difficile... en comparaison au second camp que nous visiterons par la suite: le camp Corail.

Celui-ci est situé à l'extérieur de Port-au-Prince, près des montagnes vers la République Dominicaine.  Avec la photo suivante, vous verrez que ce camp n'est pas composé des tentes que nous sommes habitués de voir dans les reportages photos:



Des petites maisonnettes ont été construites et fournies aux personnes qui y habitent. Nous avons visité l'intérieur d'une de ces maisons.  Celles-ci, d'une superficie d'environ 12 pieds par 10 pieds (une approximation que j'ai faite à l'oeil), abritent des familles parfois de 5 - 6 personnes.  Ainsi, la maison que nous avons visitée était habitée par 6 personnes dont la majorité couche par terre.



Nous avons vu la chambre, et ici nous voyons la "cuisine":



En fait, la cuisine se fait à l'extérieur de la maison, à l'avant sur le porche.

Dans ce camp, un projet de construction d'écoles est en cours et les bâtiments sont prêts à recevoir les étudiants pour le mois de septembre, il ne manque que les meubles et pupitres pour permettre aux jeunes de s'y asseoir.  Mais on nous a informé que peu importe, pupitre ou non, les enfants auront des services d'enseignants et pourront aller à l'école dès septembre.


Par la suite, nous nous sommes rendus à un orphelinat qui est parrainé par un policier de Montréal et nous avons été reçus par les enfants qui ont formé une petite chorale pour nous interpréter quelques chansons.


Je partage avec vous une belle photo d'une jeune fille au regard triste:



Nous avons bien entendu fait la visite des locaux de l'orphelinat, voici le dortoir des jeunes garçons:




Nous avons été informés que l'orphelinat déménagera bientôt dans des locaux rénovés et les enfants seront mieux installés.  Un tel orphelinat nécessite environ 1000$ USD par mois pour son fonctionnement, incluant la nourriture pour les enfants (environ 400$ USD par mois).  Bien entendu, la visite de l'orphelinat a touché bien des coeurs et une grande partie de la délégation est sortie de cet endroit plutôt émue.

Suite à la visite de l'orphelinat, nous retournons à l'hôtel, il est déjà près de 18h00 et nous devons participer à un souper - séance de travail pour planifier les jours qui viennent.  Ce souper se terminera vers 22h30 et je retourne chez moi, qui est à environ 20 minutes d'auto de l'hôtel où loge la délégation.

Lundi, c'est la journée de visite consacrée à Port-au-Prince, nous débuterons par le quartier de Bolosse où nous avons débuté un petit projet de réfection d'une place publique (installation d'un système de purification d'eau et d'éclairage solaire).  Ce projet nécessitera toutefois le déplacement de quelques familles qui s'y sont installées.

Je vous joins une photos qui date de quelques mois pour que vous ayiez une idée à quoi ressemble cette petite place.  Les photos prises lors de la visite sont tellement bondées de personnes qu'on n'y voit pas vraiment la place: (de toute façon je n'utilise pas les photos "officielles" prises durant la visite pour illustrer mon blogue qui se veut une initiative personnelle.)




Suite à la visite de la place publique, nous nous rendons au cimetière.  Je ne vous incluerai pas de photos du cimetière. Si vous désirez en visionner, je vous réfère à une entrée de blogue précédente que j'ai consacrée au cimetière de Port-au-Prince.

À la fin de la visite du cimetière, il y a eu une petit point de presse ... voyez à quoi cela ressemblait!


Pendant que le maire a répondu aux questions des journalistes, je me suis organisé avec un petit groupe d'amis de la mairie de Port-au-Prince et de visiteurs comme moi pour nous éclipser pour rendre visite à mon ami "Baron Samedi" et pour permettre aux gens qui nous accompagnaient de jeter un oeil à un aspect de la religion vaudoue.  Encore là, je vous réfère à mon entrée de blogue sur le cimetière si vous désirez quelques informations sur les "Bawon"!


Lors de notre visite, il y avait une cérémonie vaudoue en cours, mais malheureusement, je n'avais pas mon appareil photo sur moi, alors je n'ai pas pu vous rapporter une image.  En fait, il y avait quelques personnes qui adressaient des prières à Baron pour la guérison de proches et qui avaient fait quelques offrandes telles que du clairin (alcool artisanal) et autres...   Il faut noter que les offrandes dégageaient une odeur assez sucrée et ... alcoolisée.

Et voilà la photo:



Suite à la visite du cimetière, la délégation VIP s'est rendue pour rencontrer le Ministre de l'intérieur et, de notre côté, une collègue en mission et moi nous sommes rendus directement à la mairie temporaire de Port-au-Prince.  Nous en avons profité pour discuter avec le Maire de Port-au-Prince et les membres de son administration.  Celui-ci n'a pu se rendre au bureau du ministre et s'y est fait représenter.  Or, comme je fais "partie des meubles" à la mairie, nous avons pu nous y rendre et nous asseoir dans le bureau du maire pour discuter avec lui .

Vers 12h00, le groupe nous a rejoint pour le lunch à la mairie et par la suite, nous nous sommes rendus dans la Paroisse de St-Jude et St-Simon, en montagne.  Pour ceux qui suivent mon blogue, vous êtes déjà familiers avec cet endroit!... hé oui... C'est l'endroit où nous avons fait installer quelques lampadaires solaires.

Nous nous y sommes rendus pour souligner l'installation des lampadaires solaires.  Une cérémonie, précédée de la prière a eu lieu, avec les discours d'usage.  Seul petit hic à la cérémonie est que les journalistes ont fait fi de l'assistance pour se placer entre les speakers et celle-ci.  Je dois admettre avoir été agréablement surpris de constater que le Maire de Port-au-Prince a remercié non seulement son personnel pour le travail accompli mais il a pris la peine de me remercier moi aussi ! Je ne m'attendais pas à ça.



Suite aux discours, nous nous sommes rendus sur la place publique pour la bénédiction et des rafraîchissements.  Je dois vous dire que ceux-ci étaient bienvenus car il faisait une chaleur torride (un peu plus de 40 degrés celsius).


La cérémonie a duré environ 2 heures. Lors de la distribution des bouteilles d'eau, de jus et de liqueurs douces, je me suis amusé à aller dans la foule pour en donner aux jeunes... il y a eu une ruée incroyable!!! ouf!  Ce qui était vraiment formidable, c'est qu'une très grande partie de la population s'était rendue sur les lieux pour assister à l'événement et, lors de la distribution des boissons, les gens ont laissé les enfants aller chercher à boire (sauf quelques dames plus "effrontées" qui ont décidé de pousser les enfants pour se procurer des boissons mais heureusement il n'y en a eu que quelques unes).

Les gens de la paroisse étaient visiblement très heureux de la pose des lampadaires et de l'éclairage qui leur est fournit depuis ce temps.

Mon ami Levinston m'a reconnu et m'a sauté dessus, on a pu passer quelques moments ensemble en compagnie de ses amis et de parents.  J'ai déjà parlé de Levinston dans un blogue précédent...  Mais ça fait bien plaisir lorsque les gens se souviennent de nous, surtout les enfants... avec leur innocence et leur sourire!  Je lui ai promis que je retournerai le visiter parfois pour lui faire un petit allo!

Nous avons dû quitter par la suite pour l'inauguration de nos bureaux.  Une cinquantaire de personnes y étaient invitées, nous avions fait préparer des bouchées et breuvages.  La aussi, ce fut un beau succès et une petite conférence de presse a eu lieu, avec discours, photos... etc... Le cocktail s'est terminé à 18h30 par une séance de photos.   Et par la suite, il nous fallait quitter pour aller au souper officiel.

Celui-ci a eu lieu au restaurant le View qui est magnifique. Ce restaurant est situé en haut d'un édifice de 7 étages et offre une vue imprenable sur la ville. (d'où son nom!)



La table contenait une quarantaine de places et fut disposée en fer à cheval avec les officiels au bout.  J'en ai donc profité pour m'asseoir avec les policiers qui nous ont escortés tout au long de la mission.  Je dois dire que ces gars-là font un boulot du tonnerre et je ne peux que les remercier pour tout ce qu'ils ont fait pour nous.

Nous avons donc mangé dans cet excellent restaurant et le souper s'est terminé vers 23h00.. et nous sommes rentrés nous coucher. Le départ prévu pour le lendemain matin était à 6h30, mais je devrai quitter la maison à 6h00 pour me rendre au lieu de rencontre.  J'ai donc dormi environ 2h00. Hé oui, je suis comme ça, dès que je sais que je dois me lever tôt le lendemain, j'ai de la difficulté à m'endormir. Et il y avait plusieurs choses à penser et les événements de la journée nous ont parfois causé certains émois.  Ici à Port-au-Prince, je peux vous dire que la logistique à elle seule peut vous tenir en haleine durant des heures!

Le mardi, troisième journée de la tournée, se déroule dans la région des Palmes. Cette région est formée des communes de Léogane, de Gressier, de Grand Goâve et de Petit Goâve.  Pour s'y rendre, ça prend environ 2h00 - 2h30.  Toutefois, nous avions une escorte de la Police Nationale qui nous ouvrait le chemin, nous avons donc pu éviter les blokus (ici, lorsque la route est bloquée par du traffic, on appelle ca "blokus") du centre-ville de Port-au-Prince.

Nous quittons donc Port-au-Prince à 6h30 et arrivons à Petit Goâve vers 8h15 (ouf!, ca a été vite!).  La cérémonie commencera vers 9h00 et nous avons une heure à tuer.  Les VIP vont faire un tour de ville en voiture et de notre côté, nous nous rendons au commissariat pour visiter.  Je n'ai pas de photos de l'intérieur du commissariat, mais croyez moi, vous ne voulez pas y être détenu.  Je ne crois pas nécessaire de vous donner une description complète des conditions d'hygiène qui règnent dans les cellules ou même de l'odeur qui prévaut et je vous en fait grâce, mais je peux vous dire que je ne voudrais pas y passer la nuit.

À Petit Goâve, la journée s'annonce très chaude. Nous aurons une journée à plus de 40 degrés, au soleil.  Alors que les cérémonies de la veille (St-Jude et St-Simon) se déroulaient à l'ombre, celles prévues pour la matinée du mardi auront lieu au soleil.  L'avantage de ne pas être un VIP est que j'ai pu me placer à l'ombre d'un arbre en retrait alors que les autres étaient assis au soleil pour les discours. ;-)

Suite aux discours, une affiche a été dévoilée où on peut lire qu'il s'agit d'un projet de réfection de la place d'armes de Petit Goâve.

Nous nous sommes par la suite (vers 10h00-10h15) rendus à Grand Goâve où une cérémonie étaient prévue pour le lancement d'un projet de réfection d'un stade de football.  Les citoyens étaient en liesse, c'était vraiment la fête, le député et le maire de l'endroit étaient présents et les citoyens criaient leur joie. Ce qui a été bien agréable était que la petite cérémonie de lancement du projet était couronnée par la présence de deux équipes de foot et il y a eu une mise au jeu où les officiels (les élus) ont tous sifflés en même temps pour le début de la partie... très l'fun. 


Suite à la séance de photos officielle, nous sommes partis pour Léogane où un projet de future gare d'autobus a été lancé.   En plus du maire de Léogane, nous avons eu une intervention d'une marchande de Léogane et d'un chauffeur d'autobus, c'est toujours intéressant d'entendre les principaux concernés dans ces situations!

À ce moment, une partie du cortège s'est rendue à Port-au-Prince pour rencontrer le président Martelly et de notre coté, nous nous sommes rendus à l'église Mormon de Léogane pour le lunch et une conférence de presse.  Le lunch était délicieux, des boîtes à lunch avaient été préparées (nourriture créole, riz, poulet etc) et nous avons mangé et écouté les présentations faites aux journalistes.   Les présentations visaient en grande partie l'intercommunalité, qui est un concept génial de mise en commun des ressources des communes pour ainsi offrir une plus grande gamme de services aux citoyens.

Et, enfin, nous nous sommes rendus à Gressier pour le lancement d'un projet de recyclage de déchets.  Notons que jusqu'à la dernière minute, cette cérémonie aurait pu être annulée puisqu'il y avait une manifestation pacifique à l'endroit où se tenait la cérémonie.  Malgré le fait que la manifestation soit pacifique, nous ne nous rendons jamais sur les lieux d'une manifestation pour des raisons évidentes de sécurité. Mais celle-ci a cessé et la cérémonie a eu lieu.

Les citoyens ont pris part à la cérémonie et ont participé aux démonstrations du projet de recyclage de déchets dans la commune de Gressier:



Un panneau explicatif a été dévoilé où on retrouve une nomenclature des matières qui peuvent être recyclées ou non.  Nous avons par la suite eu une démonstration sur comment séparer les déchets pour les préparer au recyclage.

Nous sommes par la suite retournés à Port-au-Prince, départ vers l'hôtel: 17h00.  Nous ne pouvions pas retarder ce départ puisqu'il faut traverser le centre-ville à la clarté du jour pour des motifs de sécurité.  Un convoi tel que le nôtre ne passerait pas inaperçu et nous ne tenions pas à attirer l'attention à la noirceur.

J'ai réussi à obtenir un "woulib" (un "lift" en créole) pour me rendre chez moi (je ne loge pas au Karibe Convention Center) et j'ai pu souper au restaurant du Montana tranquillement en compagnie d'une partie de la délégation, soit les amis de la Fédération canadienne des municipalités et de l'Union des municipalités du Québec.  Les officiels de la mairie de Montréal sont demeurés à l'hôtel Karibe pour un événement spécial.

Je ne vous cacherai pas que je commençais à être un peu (beaucoup) fatigué.  Le manque de sommeil et la chaleur torride commençaient à produire leurs effets.   Cette nuit-là, j'ai vraiment bien dormi!

Le mercredi, il demeurait une demie-journée d'inauguration dédiée aux bureaux des associations (association de mairies et association de sections communales), soit la FENACAH et la FENAMH.  Nous avons visité les deux immeubles et des discours d'usages ont eu lieu.



Voici la banderole de la deuxième association:


Je dois dire qu'une parole a été prononcée qui m'a beaucoup touchée.  Le président de l'Union des municipalités du Québec a dit:

"Seul, nous allons plus vite..... ensemble, nous allons plus loin."

Wow!  voilà qui résume bien la position à laquelle j'adhère dans le cadre de la mise en oeuvre de mon mandat.  Une équipe forte et unie ne peut que réussir à avancer dans la bonne direction. 

Suite à ces discours, nous avons mangé un petit goûté.  Les officiels sont partis de leur côté et nous sommes retournés à la maison pour le lunch et ensuite au bureau pour reprendre nos activités.

Maintenant que la mission est terminée, nous devons accomplir le travail dans le cadre de la mise en oeuvre du programme.  Les prochaines semaines seront bien chargées car nous accusons plusieurs jours de retard sur notre horaire de travail... mais ça valait la peine.  Cette mission m'a permis de voir à quel point il n'est pas facile d'organiser de tels événements et comment un bon travail d'équipe peut permettre de réaliser de grandes choses.

Babay tout moun

Richard

Sunday, July 3, 2011

RAM

Salut tout moun

Je prend quelques minutes pour vous parler un peu de mon expérience "RAM". En effet, j'ai assisté à un spectacle du groupe RAM à l'hôtel Oloffson.  Ces spectacles se donnent le jeudi soir... tous les jeudis soirs.  Autrefois, ils commençaient à 23h30 pour se terminer à environ 3h00 du matin, mais aujourd'hui, les horaires ont changé.  Le spectacle commence vers 9h00-9h30 et se termine environ 12h00...

Nous sommes arrivés à l'hôtel vers 9h30, les rues avoisinantes étaient déjà pleines de voitures stationnées et l'hôtel était plein mais nous avions réservé une table près du groupe.

RAM est un groupe de musique à influence vaudoue qu'on appelle "mizik rasin".


Les instruments utilisés sont tant des instruments utilisés dans les cérémonies vaudoues ou les raras:



Voici une autre image:

Mais on utilise aussi des instruments plus modernes:




Le spectacle était super entraînant et les gens dansaient... malheureusement, quelques personnes saoules se sont placées devant les tables pour aller danser.  Alors elles bloquaient le chemin et la vue, ce sont les gardiens qui ont dû leur demander de se retirer.  La deuxième fois cette situation s'est produite, le gardien a dû s'engueuler avec la fille car elle refusait de se retirer de là...

Bref, les gens se comportaient bien en général, sauf quelques expats qui se sont saoulés et qui ont manqué de respect envers les autres.

Mais sommes toute, nous avons passé un belle soirée.  Je ne saurais vous laisser sans vous montrer une photo du chanteur et fondateur du groupe RAM (Richard A. Morse):



J'ai tenté de vous insérer un petit extrait musical mais l'internet d'ici ne me permet pas de le faire... peut-être un jour pourrais-je le faire.  À ce moment, je partagerai avec vous la musique de RAM.

à bientot!

A bientot!

Richard

Sunday, June 19, 2011

St-Jude... et l'école du presbytère

Une autre visite à St-Jude...

En complément à mon entrée de blogue, je tiens à partager avec vous une petite expérience que j'ai vécue à St-Jude, soit la visite de l'école du presbytère:


Premièrement, nous nous sommes rendus à l'arrière, où on prépare les aliments pour nourrir les écoliers:


Dans cet endroit se trouve la cuisine où l'on préparait du riz avec pois rouge (diri ak pwa wouj) pour les enfants:


Nous avons par la suite visité une classe d'étudiants qui se préparaient aux examens du ministère de l'éducation qui auront lieu la semaine prochaine:


Nous avons fini notre périple à la maternelle... à cet endroit nous avons pris plusieurs photos...


Je me suis vraiment amusé ici... les enfants voulaient être pris en photo ("mwen menm, mewn menm"... criaient-ils) et lorsque je prenais une photo, tous criaient... YYYYYÉÉÉÉÉ!!!! et me sautaient dessus pour voir la photo.


Nous avons pris ainsi plus d'une bonne dizaine de photos et, tout à coup l'heure du repas a sonné!




Faut croire que la bouffe est plus intéressante que moi!!!  Mais je les comprends... je commençais à avoir faim moi aussi et il fallait retourner au boulot, les socles des lampadaires nous attendaient.

Cet épisode a été bien rafraîchissant, il était agréable de voir tous ces jeunes... Je me suis fait de petits amis qui m'ont reconnus lors de la pose des lampadaires et qui m'ont rejoins et sont venus me voir pour me saluer.  On ne peut qu'être émerveillé par l'innocence des enfants ... tout de suite, ils ont accueilli le "blanc" et ont voulu jouer avec lui, ou presque.  Je dois admettre que lorsque je suis entré dans la maternelle, les petits enfants se sont approchés, pour me toucher la main, et lorsque j'ai fait un pas vers eux, ils sont partis en criant et en riant vers le fond de la salle de classe... alors je me suis approché doucement et rigolant et OOOUUUAAAAHHH!!! ca criait en riant et en se sauvant... et finalement, ils se sont tous approchés, presqu'à me sauter dessus pour me dire "bonjou"... et me disaient leur nom et leur âge (ver 3-4 ans).  Je me suis assis par terre avec eux et ont jasé un peu... et ensuite, on a fait les photos...avec l'assentiment des professeurs, bien sur.

J'ai aussi beaucoup apprécié ce moment parce que ça me permettait de partager quelques minutes et me rappeler à qui profitera le travail que je suis à réaliser...

Babay et à la prochaine

Richard











Saturday, June 18, 2011

L'expérience de St-Jude... une journée où on se sent utile

Salut tout moun,

Aujourd'hui je vais vous parler un peu d'un projet que nous avons réalisé à Port-au-Prince, dans la paroisse de Saint-Jude et Saint-Simon.  Vous verrez comment un travail d'équipe peut donner des fruits.

Pour commencer, pourquoi un projet à la Paroisse de St-Jude et St-Simon... premièrement, ces gens n'ont pas d'eau ni d'électricité.  Nous avons donc tenu une consultation publique auprès de la population de la paroisse.  Je vous invite à lire l'entrée de blogue à cet effet que j'ai publié il y a quelques temps, si ce n'est déjà fait. 

La sécurité ayant été identifiée par la population comme une priorité... nous avons entrepris de réaliser ce projet.  Avec des experts nous avons évalué quels seraient les spécifications techniques des lampadaires solaires qui rencontreraient nos exigences et complerait nos besoins.  Nous avons lancé un appel d'offres et analysé les soumissions.

Mercredi dernier, nous avons posé les socles. (j'utilise le "nous", mais il est bien évident que ce n'est pas moi qui ai posé les socles). 



Alors aujourd'hui, nous étions à l'étape finale... la pose des lampadaires.  Après les multiples étapes menant à la signature du contrat.  Nous avons confirmé la pose des lampadaires aujourd'hui.  Je l'ai confirmée avec le représentant, le chef de chantier et le propriétaire de la compagnie.  Nous nous rendons donc au presbytère de St-Jude et St-Simon avec des représentants de la Mairie de Port-au-Prince.



Et nous attendons... le contractant est sensé arriver à 9h00.  À 9h30, j'appelle pour savoir quant il arrivera.  On me dit qu'on s'excuse, on va vérifier et on m'appelle.  À 10h00, je rappelle... on s'excuse et on me dit que le camion se charge et qu'on partira à 11h00.  À 11h30, on me dit quon s'excuse mais qu'ils ne viendront pas car la personne au bout de la ligne ne s'occupe pas des planifications (mais c'est avec lui que j'ai confirmé la veille). J'appelle donc le grand patron et je règle ça avec lui.  Bref, il se rendront à 14h00 pour poser les lampadaires.

De notre côté, nous redescendons en ville pour manger à environ 45 minutes de voiture.  Par la suite, je vérifie avec la compagnie... le camion est sur la route.  Nous les rejoignons à St-Jude pour la pose des lampadaires.  Ils se préparent, ils commencent à monter un lampdaire... mais il ont oublié les boulons pour les fixer.  Il manque 24 boulons et ils veulent partir et ne revenir que lundi.  Non, non et non!!!!  Je parle au grand patron... conclusion: il fait livrer les boulons par moto.

La pose commence, il est 15h30...


On commence par préparer le lampadaire avant de le fixer au sol:



Par la suite, on le lève avec la grue et on le fixe au sol et lorsque le lampadaire est fixé au sol, un technicien est chargé d'installer la batterie à l'aide d'une nacelle:



Le premier lampadaire est posé, nous sommes bien contents!!! J'ai fait un petit film de la pose du lampadaire, mais je suis incapable de l'insérer dans le blogue.. mon internet fonctionne certes mais n'exagérons pas!

Il en reste donc 5 à poser.  La grue brise, car le cable est emmêlé.  Je grimpe sur la grue avec des collègues haitiens et nous tentons de régler le problème.  Après presque une demie heure à tenter de régler le problème, nous décidons d'abandonner.  Mais ça ne veut pas dire que les lampadaires ne seront pas posés!

Les citoyens veulent ces lampadaires, ils ont été consultés, c'est leur projet et ils y tiennent, alors les hommes mettent la main à la pâte.  Quatre autres lampadaires seront posés à bout de bras.  Bon, ok, pour tous ceux qui pensent que je suis resté assis à attendre, détrompez-vous, j'ai mis la main à la pâte moi aussi et ai aidé à lever un lampadaire avec les citoyens.  Alors au cri de "men anpil, chay pa lou" (plusieurs mains et la charge est moins lourde), nous avons levé le lampadaire alors que des techniciens le boulonnaient. Je vous fais grâce des commentaires sur le fait que le blanc voulait aider.



Mais cette fois-ci, il n'y a plus de nacelle pour retirer les câbles alors quelqu'un grimpe:


Les lampadaires fonctionnent très bien:


Tout ça peut sembler anodin pour nous qui vivons dans l'opulence et le luxe, mais lorsque des gens attendent ce geste depuis des mois, voire des années, lorsqu'un nouveau lampadaire se hissait, tout la population criait de joie et applaudissait. J'avoue que c'était très émouvant de voir à quel point les gens étaient contents et tenaient à cet éclairage.... c'est à ce moment là qu'on se sent utile et qu'on a l'impression qu'on a fait un bon travail. 




J'en aussi profité pour me faire des amis:


Vous voyez le petit bonhomme à gauche... c'est mon nouvel ami Levinson.  Vers 17h00, je marchais et une petite main s'est placée dans la mienne.. le petit Levinson qui me regarde et me sourit:  "Bonjou blanc"!  Il m'a tenu la main presque tout le reste de la soirée, il me suivait partout, jusqu'à ce que sa maman vienne le chercher vers 19h00.  Et même là, il est revenu me dire "bonswa" par trois fois!  Bien au moins je sais que mon nouveau copain aura de la lumière le soir pour sa lecture et ses études (dans quelques années)...

Je peux donc vous dire que cette journée, qui s'est avérée parfois assez éprouvante, s'est soldée par une grande joie... celle de voir à quel point nous avons donné au gens quelque chose qu'ils veulent vraiment.  Mais aussi, ce qui a été vraiment fantastique, ce fut de voir à quel point la population a pris en main les choses pour faire avancer le projet.  Les gens se sont refusés à attendre encore quelques jours alors qu'ils étaient si près du but!  Alors ils se sont organisés et ont hissé les lampadaires et maintenant, ils ont cette lumière qu'ils attendaient depuis longtemps.

à la prochaine!

Richard

Friday, June 17, 2011

Le cimetière de Port-au-Prince

Salut tout moun

J'ai visité le cimetière de Port-au-Prince et je tiens à partager mon expérience avec vous.  En fait, je vous propose un court safari photos du cimetière de Port-au-Prince.  Cette entrée de blogue est assez longues ... non en raison du texte mais plutôt en raison de la quantité de photos que j'y ai insérées.  Je vous montrerai quelques images du cimetière, du vaudou au cimetière et des archives du service de décès.

Le cimetière de Port-au-Prince est, en soi, un monument très important pour le patrimoine de la capitale haïtienne.  D'ailleurs, vous constaterez ici que celui-ci a été fondé avant l'indépendance d'Haïti, qui a eu lieu en 1804.



Vous noterez l'inscription "Adieu Ti Bachout"... on retrouve de telles inscriptions sur plusieurs murs des villes touchées par le tremblement de terre où les gens expriment leur souffrance suite à la perte d'êtres chers.




Vous voyez ici l'entrée principale du cimetière, où se trouvent les bureaux du service des décès de la Mairie de Port-au-Prince. Passé  l'entrée principale du cimetière et juste avant d'entrer dans l'enceinte même, vous retrouvez une citation de Victor Hugo...



Et nous entrons dans le cimetière de Port-au-Prince. ....
Dans un premier temps, j'attire votre attention sur le nouvel éclairage qui est posé dans le cimetière.  Vous constaterez qu'il s'agit d'un lampadaire solaire.  En effet, ceux-ci sont très en vogue présentement en Haïti puisqu'ils offrent un éclairage plus efficace que ceux qui sont alimentés par l'électricité fournie par le gouvernement (Électricité d'Haïti) qui ne founit du courant que 4 heures par jours à certains quartiers de la capitale.



Le cimetière de Port-au-Prince est très vaste. Il est traversé par une ruelle bordée de multitudes de caveaux.  Je vous montre ici cette rue. Vous verrez qu'on retrouve une belle végétation dans le cimetière, qui est par ailleurs plutôt abondante dans certains secteurs de la nécropole. En effet, des infiltrations d'eau ont pour effet de non seulement détruire les tombes mais aussi de stimuler la pousse de végétation.



Les caveaux sont de couleurs multiples et de styles disparates qui rendent la visite tout à fait agréable!  En fait, le design des caveaux fait preuve d'une certaine originalité et individualité.  Je vous montre quelques photos... vous comprendrez que j'en ai pris des dizaines mais pour illustrer mon propos, il serait plutôt fastidieux d'en mettre trop.


Les circulent entre les tombeaux et l'arrangement du cimetière rappelle à certains égards les bidonvilles de Port-au-Prince.  On retrouve des corridors pour circuler entre les structures.



Vous noterez que c'est quand même bien entretenu.  En effet, la Mairie de Port-au-Prince a une équipe d'une dizaine de personnes qui ont pour mission d'entretenir le site.  Ce qui n'est pas une mince tâche étant donné son étendue et la quantité phénoménale de caveaux.

Certains personnages enterrés ici sont tristement célèbres, ainsi, vous retrouvez ici la tombe de François Duvalier.  Après le départ de Jean-Claude Duvalier, le dernier repos de Papa Doc a été troublé et sa tombe saccagée.



Vous remarquerez l'inscription rouge "MTPTC 1".  Cette inscription se retrouve sur plusieurs immeubles car, suite au séisme du 12 janvier 2010, le Ministère des travaux publics, en collaboration avec l'organisme UN-OPS, a entrepris de classifier les immeubles des régions touchées par le tremblement de terre en trois catégories:  à démolir (rouge), pouvant être reconstruit ou réparé (jaune), en bon état (vert).  En fait, je résume car  dans chaque couleur, il y aurait une gradation et une étude plus approfondie des immeubles devra être réalisée. Mais ce qui a attiré mon attention est le simple fait que sur la tombe de Duvalier, les représentants de l'état ont prit la peine d'apposer l'inscription du MTPTC.  Ceci n'a pas été fait pour les autres caveaux, bien évidemment.

Pour les curieux: le "1" est le numéro de l'équipe qui a réalisé l'inspection et apposé le sceau.

Avant de passer à autre chose, je tiens à vous montrer en clair quels sont certains effets de l'eau sur le cimetière:


Le végétation pousse abondamment dans la partie "basse" du cimetière et des études et travaux devront être entrepris pour corriger la situation. Il faut aussi noter que l'abondance d'eau a pour effet de remplir les cercueils et par la suite, cette eau s'écoule dans la basse ville ce qui peut causer des problèmes de santé chez les habitants de la zone.
Le séisme du 12 janvier 2010 a causé plus de 300 000 morts, selon certains estimés.  Or, ces gens devaient être enterrés quelque part, notamment dans la fosse commune du cimetière de Port-au-Prince.  On m'a dit que plus de 50 000 corps y sont entassés.   La Mairie a fait poser un monument dédié aux personnes enterrées dans la fosse commune de Port-au-Prince:




Voici la peinture sur le mur situé derrière le monument:




Le vaudou au cimetière:

On ne peut parler de cimetière en Haïti sans glisser un mot sur le vaudou haïtien!  Ici, les loas des morts sont célébrés.  On y retrouve les Barons, Grande Brigitte et les Guédés.   Je prétend pas être un expert en religion vaudoue mais je peux vous toucher un mot sur les aspects du vaudou auxquels j'ai été confronté lors de ma visite du cimetière.

Grande Brigitte (Grann Brijit)



Dès l'arrivée au cimetière, on voit une image de Grann Brijit.  D'ailleurs, près de cette image se trouve un local occupé par le "rara" Grann Brijit qui est une organisation qui fait des processions autour du cimetière dans les périodes de raras.  La grande Brigitte est la première femme enterrée au cimetière, tout comme le Baron Samedi est le premier homme enterré au cimetière.  Donc chaque cimetière a son Baron Samedi et sa grande Brigitte.  Ils sont les gardiens du cimetière.  Baron Samedi est le maître des barons et des guédés et Brigitte est son épouse.

Je me suis donc rendu visiter la tombe de Grann Brijit, où on retrouve des offrandes et quelques personnes adeptes du vaudou s'y trouvaient.




Évidemment, je ne pouvais aller au cimetière sans rendre hommage à Baron Samedi.



Derrière les deux tombes (Bawon Samdi et Grann Brijit), on retrouve une peinture représentant ces deux loas:


Le 2 novembre, en Haïti, c'est la fête des Guédés et des Barons, c'est la fête des morts et les célébrants vaudous se rendent au cimetière pour célébrer et rendre hommage.  On me dit que le plus difficile n'est pas de me rendre au cimetière, mais plutôt de me frayer un chemin dans la foule immense qui s'y trouve.  Bref, si possible, je me pointerai ici le 2 novembre, mais il est fort possible que je ne pourrai jamais me rendre jusqu'à la tombe de Baron Samedi et Grande Brigitte, en raison de la foule qui s'y trouvera.  Mais ça ne coûte rien d'essayer!

Évidemment, il n'y a pas que Bawon Samdi, il y a d'autres Barons tels que: Bawon Kriminèl ou Bawon Lakwa.  Et il y a une foule  de guédés (ex; Guédé Zaranyen, Guédé Mazaka...)

Mais le cimetière donne aussi lieu à d'étonnantes surprises.  Lors de notre promenade, j'observais les caveaux et mon oeil a été attiré par quelque chose d'attaché sur un caveau situé en retrait... une poupée Baka.



Je me suis approché pour prendre une photo de la poupée Baka de plus près, mais sans toutefois y toucher ou la déranger de quelconque façon. Il y a des choses qu'il faut respecter dans un cimetière, il y a les morts certes mais aussi les forces qui y sont invoquées.


Je me suis informé sur les motifs possibles pour la présence d'une poupée comme celle-ci sur la tombe et on m'informe que ce n'est certainement pas pour la protection d'un mort ou pour son éternel repos.  Ce pourrait plutôt être pour une vengeance ou dans le cadre d'un "expédition" où le prêtre vaudou "expédie" l'esprit d'un mort pour faire du mal à quelqu'un.  Car le vaudou est une religion, on peut servir de la main droite (faire le bien) ou de la main gauche (faire le mal)... et certains houngans (prêtres vaudous) ou mambos (prêtresse) servent des deux mains.

Après la visite du cimetière, nous avons visité les bureaux du service des décès de la mairie qui sont situés dans l'édicule du cimetière (voir photo plus haut).  Nous avons donc visité les bureaux:



Comme vous le voyez les bureaux sont plutôt simples et on y retrouve peu d'accessoires.

J'en ai profité pour prendre quelques clichés des archives du service des décès:



Lorsqu'on consulte les registres, on peut constatez que nous ne sommes pas encore à l'ère des archives électroniques, mais ça viendra!   Je dois vous dire que les documents que j'ai vus ici ne sont pas tous récents. Les certificats de décès et autres documents plus récents ne sont pas entreposés ici, mais les documents plus vieux le sont. Avis aux archivistes... il y aurait peut-être du boulot à faire!

J'ai pris un cliché d'un registre:



Autrefois, les permis d'inhumations étaient remplis ainsi:



et classés ainsi:



A la fin de ma visite, j'ai remarqué dans l'armoire contenant les archives la présence d'une petite bouteille d'Eau de Floride.   Cette eau est prisée par certains loas.




Lorsque j'ai mentionné la présence de l'eau de Floride, les personnes présentes ont tout simplement souri.  Mais je me suis abstenu de poser trop de questions, parfois, il faut savoir se taire.  De toute façon, le silence qui régnait et les sourires presques gênés en disaient plus long que les paroles.

Pour terminer, lorsque nous avons visité Baron, nous avons été rejoins par des "résidents" du cimetière:




Ceux-ci nous ont demandé de leur donner de l'argent.  Je vous donne ce conseil, dans une telle situation, accepter de donner l'argent est la chose à NE PAS FAIRE... sauf si vous voulez créer une ruée vers vous et vous retrouvez dans une situation non seulement incontrôlable et inquiétante, mais potentiellement très risquée pour votre sécurité et votre santé ou, à tout le moins, pour votre porte-feuille!

Bon, bien sur ces quelques paroles, je vous laisse et vous dit à bientot!

Babay

Richard